Les vieilles poêles en aluminium sont-elles sûres à utiliser ?
par Karine LemoineBeaucoup de cuisines gardent une vieille poêle en aluminium, héritée ou achetée il y a des années. Avec le temps, sa surface se ternit, se raye, parfois se pique légèrement : faut-il s'en inquiéter ?
La question de l'aluminium en cuisine revient régulièrement, entre le matériau brut et les versions anodisées, plus résistantes.
Sommaire
Voici la différence entre aluminium non traité et anodisé, ce que l'on sait de l'exposition alimentaire à l'aluminium, et comment utiliser ce type de poêle sereinement.
Aluminium brut et aluminium anodisé : quelle différence ?
L'aluminium brut (ou non traité) est un métal relativement réactif : il peut légèrement se dissoudre au contact d'aliments acides (tomate, vinaigre, agrumes) ou de sels, surtout dans une poêle rayée ou piquée par la corrosion. C'est ce type d'aluminium que l'on trouve dans les poêles les plus anciennes ou les moins chères.
L'aluminium anodisé a subi un traitement électrochimique qui crée une couche d'oxyde protectrice à sa surface, rendant le métal beaucoup plus stable, résistant à la corrosion et moins réactif avec les aliments acides. La plupart des ustensiles de cuisine modernes en aluminium utilisent ce procédé, ou recouvrent l'aluminium d'un revêtement antiadhésif qui isole le métal du contact direct avec les aliments.
Que dit la recherche sur l'exposition alimentaire à l'aluminium ?
L'aluminium est un métal très présent naturellement dans l'environnement, l'eau et de nombreux aliments : notre alimentation quotidienne en contient déjà, indépendamment des ustensiles de cuisine. La cuisson dans une poêle en aluminium peut ajouter une petite quantité supplémentaire, en particulier avec des aliments acides ou salés cuits longtemps.
Les autorités sanitaires (dont l'Autorité européenne de sécurité des aliments) ont établi une dose hebdomadaire tolérable d'aluminium, et les quantités provenant de la cuisson restent généralement très faibles comparées à celles issues de l'alimentation et de certains produits comme les antiacides ou déodorants. Il n'existe pas de consensus scientifique établissant qu'une utilisation normale d'une poêle en aluminium présente un danger avéré pour un adulte en bonne santé.
Cela dit, une poêle en aluminium brut très abîmée, rayée en profondeur ou piquée par la corrosion, relargue davantage de métal qu'une poêle en bon état : c'est là que la prudence a du sens.
Comment utiliser une vieille poêle en aluminium sereinement
Si la poêle est en bon état général, sans corrosion visible ni piqûres profondes, une utilisation occasionnelle ou régulière ne constitue pas un motif d'inquiétude particulier. Il est raisonnable, en revanche, d'éviter de cuire ou de laisser reposer longuement des préparations très acides (sauce tomate, vinaigrette) directement dans une poêle en aluminium non traité.
Nos astuces
►Inspectez régulièrement l'état de la surface
Des piqûres, une corrosion blanchâtre ou des rayures profondes et nombreuses sont le signal qu'il est temps de remplacer la poêle plutôt que de continuer à l'utiliser.
►Évitez d'y conserver des aliments acides
Ne laissez pas une sauce tomate ou une préparation vinaigrée reposer plusieurs heures dans une poêle en aluminium non traité. Transférez-la dans un contenant en verre ou en inox pour la conservation.
►Privilégiez l'aluminium anodisé pour un usage intensif
Si vous cuisinez souvent des plats acides ou mijotés, une poêle anodisée ou dotée d'un revêtement offre une meilleure stabilité dans le temps qu'un aluminium brut.
Une vieille poêle en aluminium en bon état ne présente pas de risque particulier pour un usage courant ; c'est surtout son état de surface, et non son âge, qui doit guider la décision de la garder ou de la remplacer.
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